Guide entreprise

Salariés sans médecin traitant : ce que l’employeur peut faire

Plus d’un adulte sur dix n’a pas de médecin traitant déclaré : il est probable que certains de vos salariés soient dans ce cas. Ce guide explique ce que cela leur coûte, ce que l’entreprise peut organiser et ce qui ne relève pas d’elle.

Vérifié le 31 octobre 2026 · 7 minutes de lecture · Accès libre, sans formulaire

Combien de salariés n’ont pas de médecin traitant

Au 30 juin 2025, 6,3 millions d’assurés de 17 ans et plus n’avaient pas de médecin traitant déclaré, selon la Cour des comptes (« Le dispositif du médecin traitant », septembre 2026). 88,5 % des adultes en avaient un : plus d’un adulte sur dix n’en a donc pas.

Aucune statistique ne dit combien de vos salariés sont dans ce cas. L’offre de médecins généralistes varie fortement d’un territoire à l’autre. L’analyse territoriale de France Care mesure l’offre de soins autour de chacun de vos sites, à partir des données publiques de la DREES et du fichier FINESS.

Ce que l’absence de médecin traitant coûte au salarié

Un moins bon remboursement. Hors du parcours de soins coordonnés, une consultation est moins bien remboursée. L’Assurance maladie en donne un exemple pour une consultation chez un généraliste à 30 euros : 19 euros remboursés dans le parcours, 8,40 euros en dehors. Des exonérations existent, par exemple quand le médecin traitant a cessé son activité : selon la Cour des comptes, 40 % seulement des assurés sans médecin traitant déclaré se voient appliquer la pénalité.

Des spécialistes plus difficiles à voir. La plupart des spécialistes se consultent sur orientation du médecin traitant. Sans lui, le salarié consulte hors parcours ou renonce.

Des arrêts de travail plus courts à distance. La durée d’un arrêt de travail prescrit en téléconsultation est limitée à trois jours, sauf s’il est prescrit par le médecin traitant ou la sage-femme référente.

Un suivi qui se perd. Le médecin traitant tient le dossier, coordonne les spécialistes et propose les dépistages. Sans lui, la prévention et le suivi d’une maladie chronique reposent sur le salarié seul.

Ce que l’employeur peut faire

1. Mesurer sans demander à chacun sa situation

Avoir ou non un médecin traitant est une information de santé. Posez la question de façon anonyme et agrégée, dans une enquête où aucune réponse ne peut être rattachée à une personne. Ne conservez rien de nominatif. Croisez le résultat avec l’offre de soins autour de vos sites.

2. Informer sur les démarches qui existent

Plusieurs voies restent ouvertes à un salarié sans médecin traitant :

  • le médecin traitant n’est pas forcément un généraliste en cabinet libéral : il peut être généraliste ou spécialiste, exercer en cabinet de groupe, dans un centre de santé ou à l’hôpital ;
  • des solutions existent peut-être sur le territoire, auprès des organisations coordonnées de professionnels de santé, indique l’Assurance maladie ;
  • la téléconsultation reste remboursée sans orientation quand on n’a pas de médecin traitant ou que le sien n’est pas disponible à temps, à condition de passer par une organisation coordonnée du territoire ; le médecin doit en principe exercer près du domicile ;
  • la déclaration se fait avec le médecin : formulaire signé par les deux, ou déclaration en ligne par le médecin avec la carte Vitale du patient.

3. Laisser du temps pour chercher et consulter

Chercher un médecin, c’est appeler des cabinets aux heures où ils répondent, c’est-à-dire pendant les heures de travail. L’entreprise peut décider que ces démarches et les premiers rendez-vous se font sur le temps de travail, ou les rendre plus faciles par des horaires aménagés. C’est une décision d’organisation, à écrire dans une note ou un accord pour qu’elle s’applique à tous.

4. Vérifier ce que la complémentaire santé propose déjà

La complémentaire santé d’entreprise inclut parfois un service de téléconsultation. Il répond à un problème simple. Il ne donne pas de médecin traitant : celui-ci résulte d’une déclaration faite avec un médecin qui accepte ce rôle. Faites connaître le service et ce qu’il couvre.

5. Proposer un service d’accès aux soins

Des services d’accès aux soins et de conciergerie médicale cherchent les médecins disponibles à la place du salarié, appellent les cabinets et prennent les rendez-vous. Ils complètent la complémentaire santé, qui rembourse les soins. France Care en fait partie ; le guide « Les 10 services santé à proposer à ses salariés » décrit les autres services et ce que chacun couvre.

6. Relayer la prévention qui ne demande pas de médecin traitant

Mon Bilan Prévention est pris en charge à 100 % aux âges clés (18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans). Il est réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien, une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute. Le faire connaître ne coûte rien à l’entreprise.

Ce qui ne relève pas de l’employeur

Le médecin du travail ne remplace pas le médecin traitant. Son rôle est « exclusivement préventif », dit le code du travail (article L4622-3) : éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail.

L’employeur ne choisit pas le médecin. Le salarié garde le libre choix de son médecin ; la déclaration se fait entre eux deux.

L’employeur ne collecte pas la situation de santé de chacun. Une enquête anonyme suffit à décider ; un fichier des salariés sans médecin traitant n’a pas lieu d’exister.

Ce que fait France Care

Un conseiller France Care cherche avec le salarié les médecins disponibles près de chez lui, appelle les cabinets et prend les rendez-vous. Il y consacre son propre temps : le salarié n’a plus à appeler les cabinets. Il accompagne aussi les bilans de santé et les dépistages, pour le salarié et ses proches. France Care ne remplace ni le médecin traitant ni la médecine du travail et n’intervient pas dans les garanties ni les remboursements de votre complémentaire santé.

Questions fréquentes

Combien de Français n’ont pas de médecin traitant ?

Au 30 juin 2025, 6,3 millions d’assurés de 17 ans et plus n’avaient pas de médecin traitant déclaré, selon la Cour des comptes (septembre 2026). 88,5 % des adultes en avaient un.

Un salarié sans médecin traitant est-il moins bien remboursé ?

Il peut l’être. Une consultation hors du parcours de soins coordonnés est moins bien remboursée : pour une consultation chez un généraliste à 30 euros, l’Assurance maladie rembourse 19 euros dans le parcours et 8,40 euros en dehors. Des exonérations existent, par exemple quand le médecin traitant a cessé son activité.

Le médecin du travail peut-il servir de médecin traitant ?

Non. Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif (article L4622-3 du code du travail) : il évite que le travail altère la santé des salariés. Les soins et le parcours de soins coordonnés relèvent du médecin traitant.

Une téléconsultation donne-t-elle un médecin traitant ?

Non. Le médecin traitant résulte d’une déclaration faite par le patient et un médecin qui accepte ce rôle, sur un formulaire signé par les deux ou en ligne par le médecin. Sans médecin traitant, une téléconsultation reste remboursée sans orientation si elle passe par une organisation coordonnée du territoire.

Quelle durée peut avoir un arrêt de travail prescrit en téléconsultation ?

Trois jours au plus, sauf s’il est prescrit par le médecin traitant ou la sage-femme référente du salarié.

Comment savoir combien de salariés sont concernés ?

Par une enquête anonyme et agrégée, sans rien conserver de nominatif : avoir ou non un médecin traitant est une information de santé. Le résultat se lit avec l’offre de soins autour de chaque site de l’entreprise.

Sources

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Un conseiller qui cherche le médecin à la place du salarié

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