Guide entreprise

Les 10 services santé à proposer à ses salariés (2026)

La complémentaire santé rembourse les soins ; certains contrats y ajoutent des services, à vérifier. Le remboursement ne suffit pas à trouver un médecin, à soutenir un salarié aidant ni à préparer un retour après un arrêt long. Voici les dix services qui composent une politique santé, ce que chacun couvre, qui le fournit et ses limites.

Vérifié le 31 octobre 2026 · 12 minutes de lecture · Accès libre, sans formulaire

Transparence. France Care fournit l’un des services de cette liste, l’accès aux soins (n° 4). Les autres acteurs sont décrits d’après leur documentation publique, consultée le 31 octobre 2026 et listée dans les sources. Aucun n’a été sollicité ni rémunéré.

Les dix services en un tableau

#ServiceCe qu’il résoutObligatoireQui le fournit
1Complémentaire santéRembourser les soinsOui, pour tous les salariésMutuelles, assureurs, institutions de prévoyance
2PrévoyanceProtéger le revenu en cas d’arrêt long, d’invalidité, de décèsPour les cadres ; selon la convention collective pour les autresAssureurs, institutions de prévoyance
3TéléconsultationConsulter vite pour un problème simpleNonKry (ex-Livi), Medadom, Qare
4Accès aux soins et conciergerie médicaleTrouver un médecin, obtenir un rendez-vousNonConcilio, France Care, 4me-assistance
5Soutien psychologiqueSanté mentale, risques psychosociauxNonMoka.care, Teale, 4me-assistance
6Accompagnement des aidantsSalariés qui s’occupent d’un procheNonResponsage ; Ma Boussole Aidants (gratuit)
7Prévention et animations santéSensibiliser, dépister, au fil de l’annéeNonPrestataires de prévention, complémentaires santé
8Bilans de préventionFaire le point aux âges clésNonMon Bilan Prévention (Assurance maladie, gratuit)
9Santé au travail et retour après un arrêt longPrévenir l’usure, préparer la repriseOuiServices de prévention et de santé au travail
10Soutien en cas de coup durDeuil, maladie grave d’un procheCongés légauxL’entreprise, avec des relais spécialisés

1. Complémentaire santé d’entreprise : ce qu’elle couvre, ce qu’elle ne couvre pas

Tout employeur privé doit proposer une complémentaire santé collective à tous ses salariés, quelle que soit leur ancienneté (article L911-7 du code de la sécurité sociale). L’employeur paie au moins 50 % de la cotisation de la couverture du salarié, hors ayants droit. Le contrat doit couvrir un panier minimum : ticket modérateur, forfait journalier hospitalier, dentaire à 125 % du tarif conventionnel, optique tous les deux ans. Des dispenses existent, par exemple pour un salarié déjà couvert à titre individuel à son embauche, jusqu’à l’échéance de son contrat.

La complémentaire santé rembourse les soins. Un salarié bien couvert qui ne trouve pas de médecin reste pourtant sans soins. Les services suivants complètent la complémentaire santé ; certains sont parfois inclus dans le contrat collectif.

2. Prévoyance : protéger le revenu en cas d’arrêt long

La prévoyance verse des indemnités en cas d’arrêt de travail prolongé, d’invalidité ou de décès. L’obligation légale ne vise que les cadres : l’employeur leur consacre une cotisation de 1,50 % de la tranche 1 de rémunération, affectée en priorité à la garantie décès (accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017). Pour les autres salariés, l’obligation dépend de la convention collective ou de l’accord de branche.

3. Téléconsultation : consulter vite, sans se déplacer

Pour une consultation rapide sur un problème simple, la téléconsultation est le bon choix. Elle est remboursée comme une consultation au cabinet dans le parcours de soins coordonnés. Sans médecin traitant, ou quand le sien n’est pas disponible à temps, elle reste remboursée sans orientation à condition de passer par une organisation coordonnée du territoire. Pour les plateformes, seules les consultations des sociétés agréées par le ministère de la santé sont remboursées. La durée d’un arrêt de travail prescrit à distance est limitée à trois jours, sauf s’il vient du médecin traitant ou de la sage-femme référente.

Parmi les acteurs : Qare, proposé aussi par des complémentaires santé ; Kry (ex-Livi), qui affiche des partenariats avec des assureurs ; Medadom, accessible en ligne ou en borne et en cabine dans des pharmacies et des collectivités. Vérifiez ce que votre complémentaire santé inclut avant d’acheter un service. La téléconsultation ne donne pas de médecin traitant, qui résulte d’une déclaration faite avec un médecin qui accepte ce rôle.

4. Accès aux soins et conciergerie médicale : trouver un médecin et un rendez-vous

Trouver un médecin et un rendez-vous est le besoin que la complémentaire santé et la téléconsultation ne couvrent pas. 6,3 millions d’assurés de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant déclaré (Cour des comptes, septembre 2026, données au 30 juin 2025). Un service d’accès aux soins cherche le médecin à la place du salarié, appelle les cabinets, prend les rendez-vous et prépare le parcours.

  • Concilio : conciergerie médicale qui oriente vers des médecins recommandés par leurs pairs, propose un deuxième avis et des bilans, pour les particuliers et les entreprises. Pour un deuxième avis médical, ce type de service est le bon choix.
  • France Care : un conseiller cherche et prend les rendez-vous médicaux des salariés et de leurs proches, accompagne les bilans et les dépistages ; si besoin, il fait livrer les médicaments, met en relation avec l’aide à domicile ou organise un transport médical. France Care ne remplace ni le médecin traitant ni la médecine du travail.
  • 4me-assistance : son programme d’aide aux salariés comprend un volet de conciergerie, à côté du soutien psychologique, social et juridique et de la téléconsultation.

Ce que l’employeur peut faire d’autre pour les salariés sans médecin traitant : le guide « Salariés sans médecin traitant : ce que l’employeur peut faire ».

5. Soutien psychologique des salariés

Ces services prennent en charge la santé mentale : lignes d’écoute, séances avec des psychologues, prévention des risques psychosociaux, intervention après un événement grave.

  • Moka.care : santé mentale en entreprise, de la prévention à la gestion de crise, avec des audits des risques psychosociaux. Vendu directement aux employeurs.
  • Teale : prévention en santé mentale par une application, des psychologues et des campagnes. Vendu aux entreprises et aux mutuelles ; distribué aussi par Crédit Agricole Assurances depuis mars 2026.
  • 4me-assistance, marque d’Empreinte Humaine depuis mars 2026 : programme d’aide aux salariés joignable jour et nuit, qui réunit soutien psychologique, assistance sociale et juridique, téléconsultation et conciergerie.

Pour un besoin psychologique, ces services sont le bon choix : un service d’accès aux soins oriente vers un professionnel sans assurer l’écoute.

6. Accompagnement des salariés aidants

Un salarié aidant s’occupe d’un proche malade, handicapé ou âgé. À défaut d’accord collectif, la loi lui ouvre un congé de proche aidant de trois mois renouvelable, dans la limite d’un an sur toute la carrière, sans condition d’ancienneté. Il est indemnisé par l’allocation journalière du proche aidant (66,64 euros par jour, 66 jours par personne aidée). Quand le proche est en perte d’autonomie d’une particulière gravité ou en situation de handicap, ses collègues peuvent aussi lui donner des jours de repos, de façon anonyme et avec l’accord de l’employeur.

  • Responsage : service social externalisé pour les employeurs, avec un volet salariés aidants, de l’information juridique et un soutien psychologique.
  • Ma Boussole Aidants : site gratuit d’information et d’orientation des aidants, porté par une société coopérative d’intérêt collectif, à l’initiative de l’Agirc-Arrco. Le rôle de l’employeur est de le faire connaître.

Pour structurer une politique d’entreprise : le guide « L’aidance en entreprise ».

7. Prévention et animations santé

Les journées et mois de santé (Octobre rose, Mois sans tabac, Mars bleu…) rythment l’année. Une animation menée par un professionnel peut prendre la forme d’un dépistage, d’un atelier ou d’une rencontre avec un soignant. Certains contrats collectifs de complémentaire santé en comprennent. Le calendrier des animations santé propose, mois par mois, les actions à mener et qui peut les animer.

8. Bilans de prévention aux âges clés

Mon Bilan Prévention est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, à quatre âges : 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans. Il est réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien, une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute. L’entreprise n’a pas à le payer : elle peut le faire connaître et laisser le temps de le faire. Pour situer vos équipes : le test « Prévention : où en est la France ? ».

9. Santé au travail et retour après un arrêt long

Le service de prévention et de santé au travail est obligatoire. Son rôle est préventif ; il porte aussi le retour après un arrêt long :

  • la visite de reprise est obligatoire après un arrêt d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, d’au moins 30 jours pour accident du travail, après une maladie professionnelle ou un congé de maternité ; elle a lieu dans les huit jours de la reprise ;
  • pour les arrêts prescrits à partir du 15 juin 2026, elle peut être évitée si une visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédents et que le médecin du travail a jugé qu’aucun aménagement du poste n’était nécessaire ; elle reste due si le salarié, l’employeur ou le médecin du travail la demande ;
  • la visite de pré-reprise est un droit pour tout salarié en arrêt de plus de 30 jours ;
  • le rendez-vous de liaison entre l’employeur et le salarié est possible au-delà de 30 jours d’arrêt ; il est facultatif et n’a rien de médical ;
  • chaque service dispose d’une cellule de prévention de la désinsertion professionnelle.

Ces missions relèvent du service de prévention et de santé au travail auquel l’entreprise adhère : aucun autre prestataire ne s’y substitue. Un service d’accès aux soins peut aider le salarié à trouver les soins dont dépend sa reprise.

10. Soutien en cas de coup dur : deuil, maladie grave d’un proche

La loi fixe des congés minimums (article L3142-4 du code du travail) :

  • trois jours ouvrables pour le décès d’un conjoint, partenaire de pacs ou concubin, d’un parent, d’un beau-parent, d’un frère ou d’une sœur ;
  • douze jours pour le décès d’un enfant, quatorze s’il avait moins de 25 ans, s’il était lui-même parent ou s’il s’agissait d’une personne de moins de 25 ans à charge ; dans ces derniers cas, un congé de deuil de huit jours s’y ajoute (article L3142-1-1) ;
  • dix jours pour l’annonce, chez un enfant, d’un handicap, d’une pathologie chronique nécessitant un apprentissage thérapeutique ou d’un cancer, depuis le 14 juin 2026.

Le reste dépend de l’entreprise : le rôle du manager, l’aménagement du retour, le soutien des collègues. Le guide « Un salarié en deuil » détaille ce que la loi impose et ce qui aide.

Par quoi commencer avec un budget limité

Partez du besoin mesuré. Quatre questions orientent le choix :

  • vos salariés renoncent-ils à des soins faute de médecin ? Regardez d’abord l’accès aux soins (n° 4) ;
  • l’absentéisme augmente-t-il ? Regardez la santé mentale (n° 5), les aidants (n° 6) et les retours d’arrêt long (n° 9) ;
  • vos sites sont-ils dans des territoires où les médecins manquent ? L’offre de soins autour de vos sites le dit ;
  • qu’inclut déjà votre complémentaire santé ? Téléconsultation, prévention, parfois soutien psychologique : à faire connaître avant d’acheter.

Les diagnostics gratuits de France Care répondent aux trois premières questions en quelques minutes : Score SANTÉ Entreprise, Index Santé en Entreprise, analyse territoriale. La quatrième se règle avec votre contrat.

Questions fréquentes

La complémentaire santé d’entreprise inclut-elle déjà de la téléconsultation ?

Parfois : plusieurs plateformes de téléconsultation sont proposées par des complémentaires santé ou des assureurs. Vérifiez le contrat avant d’acheter un service. La téléconsultation ne donne pas de médecin traitant.

Quelle différence entre téléconsultation et conciergerie médicale ?

La téléconsultation met le salarié en relation avec un médecin à distance, pour un problème simple. La conciergerie médicale, ou service d’accès aux soins, cherche un médecin ou un spécialiste à sa place, appelle les cabinets et prend les rendez-vous, y compris au cabinet.

Que peut faire une entreprise pour des salariés sans médecin traitant ?

Mesurer le besoin par une enquête anonyme, informer sur les démarches, laisser du temps pour chercher et consulter, proposer enfin un service d’accès aux soins qui cherche les médecins disponibles à leur place. Le médecin du travail ne peut pas servir de médecin traitant.

Ces services remplacent-ils la médecine du travail ?

Non. Le service de prévention et de santé au travail est obligatoire ; ses missions, dont la visite de reprise, ne se délèguent pas à un autre prestataire. Les services santé décrits ici s’y ajoutent.

La prévoyance est-elle obligatoire pour tous les salariés ?

Non. L’obligation légale vise les cadres, avec une cotisation patronale de 1,50 % de la tranche 1 de rémunération. Pour les autres salariés, elle dépend de la convention collective ou de l’accord de branche.

Les proches des salariés peuvent-ils bénéficier de ces services ?

Cela dépend du contrat. La complémentaire santé peut couvrir la famille. Certains services d’accès aux soins, dont France Care, accompagnent aussi les proches des salariés.

Comment mesurer l’effet d’un service santé ?

Par le taux d’usage, l’évolution de l’absentéisme et des enquêtes anonymes auprès des salariés, comparés à un point de départ mesuré avant la mise en place.

Sources

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